Mascarade – Ray CELESTIN 

Mascarade - Ray CELESTIN Condensé d’actions et de péripéties, Mascarade est bien au dessus de Carnaval. On y retrouve quelques personnages mais il n’est pas essentiel d’avoir lu les précédentes aventures pour comprendre celles-ci.

Mascarade ne laisse pas de place à l’ennui avec ses personnages aussi variés que passionnants qui se jettent à corps perdu dans des enquêtes difficiles et dangereuses.

Même principe que pour le premier roman, chacun enquête sur un fait – une meurtre, un attentât dans un hôtel de standing, la disparition inquiétante d’une jeune fille de bonne famille – et toutes ces énigmes trouvent leur sens dans les dernières pages.
Ray Célestin a le chic pour nous immerger dans une ville, son âge d’or, sa musique, ses mœurs et sa mafia. Ici c’est Chicago à la toute fin des années 20 alors que la prohibition bat son plein, la contrebande aussi (menée par Al Capone). 
On est happé par ce roman, la sensation d’être accablé par la chaleur étouffante de cette ville en pleine effervescence ne nous quitte pas, les enquêtes connaissent de multiples rebondissements et le danger est à chaque coin de rue… Absolument passionnant !

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La parole du muet – Galandon/Blier 

La parole du muet - Galandon/Blier L’histoire : Célestin, fils d’un notaire de campagne, quitte ses parents après les avoir entendu se lamenter d’avoir un fils aussi décevant que lui.Passionné par le cinéma, Célestin décide de poser bagage à Paris et de tenter sa chance dans le cinéma. L’aventure commence ! Célestin souhaite devenir réalisateur et il ne recule devant rien pour essayer de réaliser son rêve.
 
Mon avis : Cette bande dessinée en deux tomes est un parfait divertissement. L’ambiance du vieux Paris des années vingt, les costumes, l’atmosphère des troquets et des studios de cinéma muet sont parfaitement rendus grâce à une palette de couleurs délicatement sépia. C’est un univers formidable ! Le personnage de Célestin est on ne peut plus attachant, sa bonhommie, sa gentillesse et sa passion pour le 7e art deviennent communicatives au fil des planches.
Ce personnage a une volonté de fer et malgré les obstacles qui paraissent infranchissables, Célestin parvient petit à petit à se rapprocher de son objectif.
Le premier tome est très réussi, mais c’est dans le deuxième que les personnages vont prendre toute leur ampleur et se révéler. Les actions et péripéties y sont plus nombreuses, les révélations et autres retournements de situation s’enchaînent à la perfection. Réaliser un film en toute clandestinité est une véritable aventure !
Dans leur étui cartonné ces deux BD racontent une belle histoire de cinéma et de camaraderie.

Forbidden – Tabitha SUZUMA

Forbidden - Tabitha SUZUMAForbidden est l’histoire d’un frère et d’une sœur qui tombent amoureux l’un de l’autre et se retrouvent incapables de lutter contre ces sentiments que la morale condamne.

L’histoire : Lochan a dix-sept ans, sa sœur Maya en a seize. Ils sont tous les deux lycéens et livrés à eux-mêmes par une mère démissionnaire et alcoolique. Seuls, ils ont a charge de s’occuper de leurs trois frères et sœur (deux jeunes enfants et un ado en pleine crise). Après leur journée de lycéens, Lochan et Maya vont chercher leurs petits frères et sœur à l’école, assurent les courses, l’aide aux devoirs, le repas, les douches, et les histoires du soir …avant de commencer leurs propres devoirs et de penser à aller se coucher.

Depuis leur plus tendre enfance, Lochan et Maya n’ont toujours pu compter que sur eux-mêmes. Ils s’épaulent et veillent naturellement l’un sur l’autre. De cette bienveillance naissent des sentiments qui surpassent l’amour fraternel. Un amour qui, dans leur situation, est condamnable et porte le nom d’inceste… Mais comment peut-on condamner ces deux jeunes adultes de s’aimer alors que leurs sentiments semblent si purs et intenses ?
Mon avis : Je m’attendais à être tiraillée entre des sentiments contradictoires mais j’ai trouvé mon temps long devant ce récit longuet et cucul la praline. Le temps d’un chapitre ou deux, on peut être amené à reconsidérer des positions que l’on croyait claires : l’inceste est condamnable, oui mais ici il ne s’agit pas d’abus ou de viol, il s’agit d’amour. L’auteur se démène pour nous faire comprendre de toutes les façons possibles et imaginables que Lochan et Maya souffrent d’éprouver de tels sentiments car ils savent que la morale (et la loi) les condamnent mais ils sont impuissants à lutter contre leur amour. Et tout leur problème est là. On trouve un « sursaut d’action » dans les derniers chapitres, la tournure que prend l’histoire de Lochan et Maya est dramatique mais la fin laisse entrevoir ce qu’il faut d’espoir.
Malgré les longueurs, j’ai poussé ma lecture jusqu’à la fin et n’ai pas accroché davantage. J’ai même cru étouffer sous le pathos et l’ennui tellement ces gosses endurent d’épreuves injustes (gare à toi Causette !)

En bref, Forbidden est certainement à classer dans la catégorie roman émouvant pour adolescents.

Le Bois dormait – Rebecca DAUTREMER

Le Bois dormait - Rebecca Dautremer Le Bois dormait est une belle interprétation du conte de La Belle au Bois dormant par la talentueuse Rebecca Dautremer. 

Dans cet album à la couverture satinée, Rebecca Dautremer met en regard deux personnages qui discutent face à des aquarelles colorées et saisissantes  de beauté et de poésie. 
Sobrement esquissés au crayon, les deux personnages déambulent seuls au centre d’une page blanche. Au fil des pages, ils nous accompagnent dans le décor endormi de cette ville où le temps semble suspendu. Avec respect et douceur, le plus vieux explique au jeune homme qui le suit qu’une malédiction a frappé la ville et que le sort pourrait être rompu par un baiser… un baiser d’amour.

Le Bois dormait - Rebecca DAUTREMERFace à ces personnages, on est frappé par la beauté des aquarelles sur les pages de droite. Chacune des illustrations est une œuvre d’art pleine de symboles et de détails surprenants et pertinents. Les personnages aux yeux clos sont touchants de douceur et de candeur. Surpris par le sommeil au cœur de leur quotidien, ils se sont laissés aller aux rêves…

Comment ne pas être immédiatement charmé ou bien troublé par ces illustrations et leur poésie. J’ai reçu Le Bois dormait à Noël et je l’ai déjà relu plusieurs reprises pour le plaisir des yeux. N’hésitez pas à offrir cet album qui est un petit bijoux qui fera le bonheur des enfants comme des adultes. 


Vous pouvez admirer son travail sur son site : http://www.rebeccadautremer.com/

Tu tueras l’ange – Sandrone DAZIERI

Tu tueras l'ange - Sandrone DAZIERIQu’il est bon de retrouver des personnages que l’on apprécie ! Dans son dernier roman, Sandrone Dazieri remet en selle ses deux écorchés de personnages principaux : Colomba et Dante. Ces derniers se sont quittés en froid et le poids des non-dits est très présents dans leurs premiers échanges. Heureusement, le duo fonctionne toujours aussi bien et c’est ensemble qu’ils vont se lancer à la poursuite d’une tueuse impitoyable qui se fait surnommer Giltiné, l’ange de la mort. Partout où elle passe, Giltiné sème la mort. Personne ne semble connaître la véritable identité de cette femme ? Pourquoi tue-t-elle autant de personnes ? Et dans quel but ? Terrorisme ? Vengeance ? Espionnage ?

Dante et Colomba se lancent dans une course contre la montre pour la mettre hors d’état de nuire avant qu’elle ne tue davantage de personnes. De son côté, Dante, tente aussi d’investiguer les zones d’ombre de son passé et découvrir qui est ce mystérieux frère.
Tu tueras l’ange est peut-être un peu moins porté sur l’action que Tu tueras le père (le tome 1) qui nous mettait K.-O. à la fin de chaque chapitre. Ce roman se rapproche davantage d’une enquête que d’un roman d’aventure même si le dernier tiers est dense et fourni en péripétie. Le final parfait à mon goût : coups de théâtre, situations périlleuses et révélations retentissantes qui nous laissent dans l’attente (cruelle) du dernier tome de cette trilogie.

La femme secrète – Anna Ekberg 

La femme secrète - Anna Ekberg J’ai été captée par ce thriller, je me suis creusé le cerveau pour essayer de deviner l’identité (la vraie) d’Helene mais j’ai dû attendre les derniers chapitres pour avoir le fin mot de l’histoire, ce qui est très plaisant quand on est amateur de thriller.

Pendant toute la lecture, on est malmené par Anna Ekberg. Elle fait de nous des lecteurs parano qui soupçonnent à tour de rôle tous les personnages d’être des manipulateurs et de cacher leur véritable nature
La femme secrète est très bien rythmé, son alternance de chapitres courts écarte toute monotonie. Les deux protagonistes se lancent chacun de leur côté à la poursuite de la vérité, chaque fin de chapitre apporte son lot de révélations et de péripéties, impossible de s’ennuyer.

Et je ne sais pas si c’est la canicule qui me fait dire ça mais je trouve qu’avec cette couverture ce pourrait être un bon livre pour la plage ! Je n’hésiterai pas à acheter se livre pour l’offrir à quelqu’un cet été !

Une nuit à Rome – Jim

Une nuit à Rome - JimL’histoire : En couple avec Sophia dont le père est aussi son employeur, Raphaël semble à peu près rentré dans le moule de la stabilité. A quelques jours de son quarantième anniversaire, il reçoit une vieille cassette VHS datant de vingt ans. Vingt année plus tôt, où il s’était filmé avec, Marie, son amour de jeunesse. Nés tous les deux le 15 août, ils s’étaient promis, quoi qu’il arrive, de se retrouver à Rome vingt ans plus tard pour passer ensemble la nuit de leurs 40 ans.
  
Mon avis : Cette bande dessinée, en deux tomes, se lit avec facilité. Les dessins sont séduisants et nous charment avec leurs couleurs chaudes. Malheureusement, l’intrigue qui semblait prometteuse est sans grand intérêt… une banale histoire d’adultère. Et comme souvent avec Jim les femmes sont vénales et manipulatrices. J’ai lu cette BD (édition intégrale) sur tablette via l’appli Kindle lors d’un trajet en train. Je pense que si je l’avais achetée en papier, j’aurai été déçue de mon achat. Mais le numérique présente quelques avantages dont le prix ce qui permet de découvrir des titres vers lesquels on ne serait pas attires en temps normal.
En bref, un BD calibrée pour le transat et la légèreté estivale. Malgré des personnages un peu trop stéréotypés à mon goût, l’intrigue est divertissante et les graphismes sont très agréables. Difficile de ne pas craquer devant les dessins lissés et acidulés de Jim. Leurs traits délicats et leurs couleurs sont sans aucun doute les principaux atouts d’Une nuit à Rome.

Purgatoire des innocents – Karine GIEBEL

Purgatoire des innocents - Karine GIEBELJ’ai débuté ma lecture de Purgatoire des Innocents sans lire son résumé et j’ai littéralement été happé par cette descente aux enfers. Pour préserver la richesse de ce thriller, je ne vous copierai pas le résumé (hé oui, je suis comme ça) !

Mon avis : Purgatoire des innocents commence par nous propulser dans l’action d’un braquage. Trois hommes et une femme viennent de braquer une bijouterie et fuient les lieux de leur forfait avec la police aux trousses. L’un d’eux est blessé et se vide de son sang sur la banquette arrière de la voiture. Il faut s’arrêter pour demander de l’aide et le faire soigner. Mais à l’image de ce braquage, rien ne va se passer comme prévu.
Ce roman est un huit clos angoissant et captivant. Progressivement, on est plongé dans l’horreur et la cruauté. Dans ce décor sinistre, la tension monte crescendo et laisse éclater au grand jour la barbarie à l’état pur.

Je ne connaissais pas Karine GIEBEL, et j’ai cru comprendre que ses romans étaient tous aussi bons les uns que les autres. Elle maîtrise parfaitement son art et mène son lecteur où elle veut. Je n’hésiterai pas à offrir Purgatoire des innocents à un lecteur de thriller.

L’Enfant Allemand – Camilla Läckberg

L'Enfant Allemand - Camilla LäckbergL’histoire : Patrick est en congé paternité pour s’occuper de Maja et laisser Erica se consacrer à son roman. En cherchant dans son grenier, Erica tombe sur les journaux intimes de sa mère (décédée), une brassière de bébé tâchée de sang et une médaille Nazi. Elle décide d’enquêter sur le passer de sa mère et comprendre le mystère de la brassière de bébé et de la médaille Nazi. Au même moment, un spécialiste de la 2nde Guerre Mondiale est retrouvé mort
Mon avis : C’est le 5ème volume de la saga (je ne vois pas quel autre qualificatif employer) de Camilla Läckberg.

L’intrigue est en lien direct avec des évènements qui se sont produits en Suède lors de la 2nde Guerre Mondiale et il y a davantage de suspense que dans le volume précédent, L’Oiseau de mauvais augure (que je n’ai d’ailleurs pas chroniqué).
Comme toujours, on est heureux de retrouver les personnages que l’on a appris à connaître. Mais malgré mon enthousiasme j’ai eu du mal à avaler les 600 pages. Camilla Läckberg a la fâcheuse tendance à broder et il en résulte des passages franchement lassant. Je ne vais pas vous mentir, j’ai allègrement survolé certains passage sur les états d’âmes des uns et des autres.

J’ai aussi été dérangée par le fossé entre la légèreté du roman et la violence de certaines scènes.

Enfin, j’ai été terrassée par la multitude de personnages, qui ont, pour la plupart, des noms à coucher dehors.

En conclusion, une expérience très nuancée.

Mais ne cherchons pas midi à 14 heure : Camilla Läckberg écrit des polars de DI-VER-TIS-SE-MENT et ils remplissent parfaitement leur mission : nous divertir.

Kaboul Express – Cédric BANNEL

Kaboul Express - Cédric BANNELL’histoire : Zwak, afghan, dix-sept ans et l’air d’en avoir treize, un QI de 160, et la rage au cœur depuis que son père a été une « victime collatérale » des Occidentaux. Il échafauder un plan pour détruire Paris et obtenir vengeance. En Syrie, Daech a entendu son appel…
De Kaboul au désert de la mort, des villes syriennes occupées par les fanatiques de l’État islamique à la Turquie, la commissaire de la DGSI Nicole Laguna et le qomaandaan Kandar, chef de la Crim de Kaboul, traquent Zwak et ses complices. Contre ceux qui veulent commettre l’indicible, le temps est compté.

 

Mon avis : Kaboul Express fait froid dans le dos. Malgré une course contre la montre qui a de quoi faire transpirer son lecteur, les informations concernant Daech, distillées tout au long du roman, sont glaçantes et édifiantes.
On a l’impression d’être passé de l’autre côté du miroir et de voir l’envers du décor tant du côté des djihadistes que du côté des autorités qui les combattent.

Plus haletant de Baad, Kaboul Express m’a aussi semblé plus rythmé. Ses personnages, ses actions et son timing m’ont paru plus forts, plus denses. Je pense que c’est parce que Zwak, le jeune terroriste au QI hors-norme, s’est donné pour mission de rayer Paris et sa population de la carte du monde.

Après les nombreux attentats qui ont frappé la France ses dernières années, Kaboul Express peut se lire autrement que comme un simple roman policier.