Domina – L. S. HILTON

Maestra - L. S. HILTONLors de ma lecture du premier tome, Maestra, j’étais restée perplexe face au fossé qu’il y avait entre mon expérience de lecture et le tapage médiatique autour de ce roman. Beaucoup de choses m’avaient plu, les rebondissements, l’humour décapant, les passages érotiques, et j’étais curieuse de  découvrir la suite pour me faire une idée précise de cette auteure. Verdict avec Domina

 
Ce deuxième roman donne une intrigue complexe et fastidieuse, qui donne clairement la désagréable sensation de s’ennuyer. L’humour et les scènes trashs de Maestra ont cédé leur place à une fuite à travers l’Europe pour échapper à de gros méchants rouskovs qui cherchent à s’emparer d’une toile du Caravage.

Domina repose sur un personnage unique : Judith. C’est elle qui est traquée, qui réussi ses propres sauvetages, qui mène ses enquêtes, fait des déductions, résout les problèmes, etc. Je me suis lassée de Judith, égale à elle même du début à la fin, son personnage n’évolue pas assez à mon goût même si les révélations sur son passé sont bouleversantes et extrêmement bien amenées. 

Malgré quelques moments de tension et des actions bien rythmées, L. S. Hilton ne réussit pas à faire décoller son intrigue comme dans son premier roman. Belle déception pour moi…
 

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Mascarade – Ray CELESTIN 

Mascarade - Ray CELESTIN Condensé d’actions et de péripéties, Mascarade est bien au dessus de Carnaval. On y retrouve quelques personnages mais il n’est pas essentiel d’avoir lu les précédentes aventures pour comprendre celles-ci.

Mascarade ne laisse pas de place à l’ennui avec ses personnages aussi variés que passionnants qui se jettent à corps perdu dans des enquêtes difficiles et dangereuses.

Même principe que pour le premier roman, chacun enquête sur un fait – une meurtre, un attentât dans un hôtel de standing, la disparition inquiétante d’une jeune fille de bonne famille – et toutes ces énigmes trouvent leur sens dans les dernières pages.
Ray Célestin a le chic pour nous immerger dans une ville, son âge d’or, sa musique, ses mœurs et sa mafia. Ici c’est Chicago à la toute fin des années 20 alors que la prohibition bat son plein, la contrebande aussi (menée par Al Capone). 
On est happé par ce roman, la sensation d’être accablé par la chaleur étouffante de cette ville en pleine effervescence ne nous quitte pas, les enquêtes connaissent de multiples rebondissements et le danger est à chaque coin de rue… Absolument passionnant !

Tu tueras l’ange – Sandrone DAZIERI

Tu tueras l'ange - Sandrone DAZIERIQu’il est bon de retrouver des personnages que l’on apprécie ! Dans son dernier roman, Sandrone Dazieri remet en selle ses deux écorchés de personnages principaux : Colomba et Dante. Ces derniers se sont quittés en froid et le poids des non-dits est très présents dans leurs premiers échanges. Heureusement, le duo fonctionne toujours aussi bien et c’est ensemble qu’ils vont se lancer à la poursuite d’une tueuse impitoyable qui se fait surnommer Giltiné, l’ange de la mort. Partout où elle passe, Giltiné sème la mort. Personne ne semble connaître la véritable identité de cette femme ? Pourquoi tue-t-elle autant de personnes ? Et dans quel but ? Terrorisme ? Vengeance ? Espionnage ?

Dante et Colomba se lancent dans une course contre la montre pour la mettre hors d’état de nuire avant qu’elle ne tue davantage de personnes. De son côté, Dante, tente aussi d’investiguer les zones d’ombre de son passé et découvrir qui est ce mystérieux frère.
Tu tueras l’ange est peut-être un peu moins porté sur l’action que Tu tueras le père (le tome 1) qui nous mettait K.-O. à la fin de chaque chapitre. Ce roman se rapproche davantage d’une enquête que d’un roman d’aventure même si le dernier tiers est dense et fourni en péripétie. Le final parfait à mon goût : coups de théâtre, situations périlleuses et révélations retentissantes qui nous laissent dans l’attente (cruelle) du dernier tome de cette trilogie.

La femme secrète – Anna Ekberg 

La femme secrète - Anna Ekberg J’ai été captée par ce thriller, je me suis creusé le cerveau pour essayer de deviner l’identité (la vraie) d’Helene mais j’ai dû attendre les derniers chapitres pour avoir le fin mot de l’histoire, ce qui est très plaisant quand on est amateur de thriller.

Pendant toute la lecture, on est malmené par Anna Ekberg. Elle fait de nous des lecteurs parano qui soupçonnent à tour de rôle tous les personnages d’être des manipulateurs et de cacher leur véritable nature
La femme secrète est très bien rythmé, son alternance de chapitres courts écarte toute monotonie. Les deux protagonistes se lancent chacun de leur côté à la poursuite de la vérité, chaque fin de chapitre apporte son lot de révélations et de péripéties, impossible de s’ennuyer.

Et je ne sais pas si c’est la canicule qui me fait dire ça mais je trouve qu’avec cette couverture ce pourrait être un bon livre pour la plage ! Je n’hésiterai pas à acheter se livre pour l’offrir à quelqu’un cet été !

L’Enfant Allemand – Camilla Läckberg

L'Enfant Allemand - Camilla LäckbergL’histoire : Patrick est en congé paternité pour s’occuper de Maja et laisser Erica se consacrer à son roman. En cherchant dans son grenier, Erica tombe sur les journaux intimes de sa mère (décédée), une brassière de bébé tâchée de sang et une médaille Nazi. Elle décide d’enquêter sur le passer de sa mère et comprendre le mystère de la brassière de bébé et de la médaille Nazi. Au même moment, un spécialiste de la 2nde Guerre Mondiale est retrouvé mort
Mon avis : C’est le 5ème volume de la saga (je ne vois pas quel autre qualificatif employer) de Camilla Läckberg.

L’intrigue est en lien direct avec des évènements qui se sont produits en Suède lors de la 2nde Guerre Mondiale et il y a davantage de suspense que dans le volume précédent, L’Oiseau de mauvais augure (que je n’ai d’ailleurs pas chroniqué).
Comme toujours, on est heureux de retrouver les personnages que l’on a appris à connaître. Mais malgré mon enthousiasme j’ai eu du mal à avaler les 600 pages. Camilla Läckberg a la fâcheuse tendance à broder et il en résulte des passages franchement lassant. Je ne vais pas vous mentir, j’ai allègrement survolé certains passage sur les états d’âmes des uns et des autres.

J’ai aussi été dérangée par le fossé entre la légèreté du roman et la violence de certaines scènes.

Enfin, j’ai été terrassée par la multitude de personnages, qui ont, pour la plupart, des noms à coucher dehors.

En conclusion, une expérience très nuancée.

Mais ne cherchons pas midi à 14 heure : Camilla Läckberg écrit des polars de DI-VER-TIS-SE-MENT et ils remplissent parfaitement leur mission : nous divertir.

Kaboul Express – Cédric BANNEL

Kaboul Express - Cédric BANNELL’histoire : Zwak, afghan, dix-sept ans et l’air d’en avoir treize, un QI de 160, et la rage au cœur depuis que son père a été une « victime collatérale » des Occidentaux. Il échafauder un plan pour détruire Paris et obtenir vengeance. En Syrie, Daech a entendu son appel…
De Kaboul au désert de la mort, des villes syriennes occupées par les fanatiques de l’État islamique à la Turquie, la commissaire de la DGSI Nicole Laguna et le qomaandaan Kandar, chef de la Crim de Kaboul, traquent Zwak et ses complices. Contre ceux qui veulent commettre l’indicible, le temps est compté.

 

Mon avis : Kaboul Express fait froid dans le dos. Malgré une course contre la montre qui a de quoi faire transpirer son lecteur, les informations concernant Daech, distillées tout au long du roman, sont glaçantes et édifiantes.
On a l’impression d’être passé de l’autre côté du miroir et de voir l’envers du décor tant du côté des djihadistes que du côté des autorités qui les combattent.

Plus haletant de Baad, Kaboul Express m’a aussi semblé plus rythmé. Ses personnages, ses actions et son timing m’ont paru plus forts, plus denses. Je pense que c’est parce que Zwak, le jeune terroriste au QI hors-norme, s’est donné pour mission de rayer Paris et sa population de la carte du monde.

Après les nombreux attentats qui ont frappé la France ses dernières années, Kaboul Express peut se lire autrement que comme un simple roman policier.

Le Dahlia Noir – ELLORY, HYMAN 

Le Dahlia Noir - ELLORY, HYMAN J’ai découvert le travail de Miles Hyman il y a quelques années avec Nuit de Fureur. J’avais été grandement séduite par la fabuleuse atmosphère dégagée par ses dessins. Pour l’adaptation du roman de Jame Ellroy, il a collaboré avec David Fincher et Matz.


L’histoire
: Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d’une femme de 22 ans, Betty Short. Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacérations et brûlures, notamment aux seins, et la bouche a été ouverte d’une oreille à l’autre. La police met toutes ses forces sur ce meurtre qui, à cause de la tendance de la victime à se vêtir de noir, devient « l’affaire Dahlia noir ». Elle va faire la une du Herald Express pendant douze semaines.

Mon avis : Certains pourront être gênés par l’aspect figé et statique des dessins. Pour moi, la patte de Miles Hyman est incomparable, son style est unique et reconnaissable entre tous. Il était tout désigné pour adapter Le Dahlia Noir en BD. Sa palette de couleurs, qui fait flirter ensemble les jaunes et les bruns, frôle le sépia. Un effet « rétro » parfait pour nous plonger dans l’atmosphère tantôt feutrée, tantôt bouillonnante des années 40-50. 

Matz et David Fincher ont réalisé une très belle découpe du livre de James Ellroy, rien ne manque à la terrible histoire d’Elisabeth Short, le Dahlia Noir. C’est une véritable prouesse d’adapter un roman de 500 pages en bande dessinée de 170 à laquelle rien ne manque, pas même l’ambivalence des personnages ou la complexité de leurs relations.

Cette bande dessinée est presque un chef d’œuvre puisqu’elle regroupe à elle seule un auteur de renom, James Ellroy, un réalisateur hors pair, David Fincher*, un scénariste BD de talent, Matz, et un dessinateur inimitable, Miles Hyman. Bref, c’est le cadeau parfait !

* je ne tolèrerai aucune critique de David Fincher, il est mon réalisateur préféré. 😀

Carnaval – Ray CELESTIN

Carnaval - Ray CELESTINCarnaval est une plongée dans les marécages de La Nouvelle Orléans en 1919. On ne sort la tête de l’eau qu’à la toute fin du récit. Sur fond de jazz, de bordels, de mafia, de ségrégation et de pluie, un tueur en série s’attèle à massacrer ses victimes à la hache.
Plusieurs personnages sans liens apparents se lancent à la recherche de ce meurtrier sanguinaire que rien ne semble arrêter. Les journaux l’ont déjà rebaptisé Le Tueur à la hache et personne ne semble trouver d’explications à ces meurtres barbares. S’agit-il d’un sorcier vaudou, d’un Noir, d’un mafieux, d’un fantôme ou d’un démon ? Le mystère est entier.

L’enquête, plutôt traditionnelle (pour ne pas dire classique) correspond parfaitement à l’ambiance et à l’époque du roman. Le dépaysement est total. Grâce au talent descriptif de Ray Célestin le changement de lieu et d’époque (La Nouvelle Orléans, 1919) se fait sans difficultés.

Pour rajouter à l’immersion, les aventures des personnages sont ponctuées de rapports de police et d’extraits de journaux. J’aime ce genre de détail et je crois qu’un petit travail supplémentaire aurait pu les rendre encore plus réaliste et leur donner l’aspect de véritables documents comme dans La Femme aux cartes postales.

Malgré le nombre incalculable de rebondissements, j’ai eu du mal à progresser dans ce roman. Beaucoup de personnages se lancent dans cette enquête, ils suivent chacun des pistes différentes, qui les amènent à faire des déductions différentes et à s’orienter vers des pistes différentes. Bref, on a vite fait de se perdre.

Heureusement, la fin est parfaite et corrige ce petit bémol. Elle est annonciatrice de nouvelles aventures tout aussi exotiques et entraînantes. Evidemment j’ai déjà acheté la suite : Mascarade !

Dompteur d’anges – Claire FAVAN

Dompteur d'anges - Claire FAVANDompteur d’anges ou l’effet papillon d’une terrible erreur judiciaire…
L’histoire : Max Ender est jeune homme modeste et prévenant, il gagne sa vie en travaillant comme homme à tout faire auprès des habitants de sa ville. Tout le monde le connaît et lui fait confiance, mais lorsque le petit garçon qui le suit comme son ombre disparaît la roue tourne. Le cadavre du jeune garçon est retrouvé et la police n’enquête pas bien longtemps avant d’accuser Max et de le jeter en prison. Dans le milieu carcéral, le sort réservé à un violeur et tueur d’enfant n’a rien à envier aux Enfers. Après 5 années de supplice, Max est libéré : le véritable coupable étant repassé à l’acte et écroué. Mais Max est détruit par ces années d’injustice et de souffrance et il jure de se venger… 

Mon avis : Très rythmé, Dompteur d’anges ne se lit pas, il se dévore. Avec ses chapitres courts et intenses, difficile de s’arrêter dans sa lecture tellement l’intrigue est riche et dense. L’histoire de Max Ender, innocent déclaré coupable et emprisonné, n’est pas unique et elle offre une belle perspective romanesque.

Même si j’aurais aimé que Claire Favan mette tout son talent au service de Max et de sa vengeance pour nous offrir davantage de noirceur comme dans Serre-moi fort, je ne suis absolument pas déçue par ce roman.

Dompteur d’anges offre un grand plaisir de lecture, son rythme soutenu apporte peu de répit au lecteur jusqu’à la fin… très plaisante.

Ragdoll – Daniel COLE

Ragdoll - Daniel COLEA l’origine, Daniel Cole a écrit Ragdoll pour la télévision britannique, ce devait être le scénario d’une petite série. Malheureusement, les chaînes de télévision ont refusé son scénario et Daniel Cole l’a transformé en un roman policier pour notre plus grand plaisir.

 

L’histoire : Daniel Cole a créé l’un des cadavres les plus originaux que j’ai jamais croisé dans un roman. Un corps composé des morceaux de six victimes cousus entre eux, avouez que c’est original ! Le héros, l’inspecteur Wolf (surnom de William Oliver Layton-Fawkes), est un type haut en couleur. Il s’affranchit des règles et des lois et mène ses enquêtes à l’instinct. Récemment réintégré dans la police après un séjour en hopital psychiatrique pour soigner ses accès de violence, c’est à lui que revient la charge de recomposer le puzzle de cet étrange cadavre. Rapidement, une liste lui est remise. Elle se compose des noms de 8 personnes ainsi que la date à laquelle elles vont mourir. Le dernier nom de la liste est le sien.

 
Mon avis : Costumes sombres et parapluies noirs, quartiers célèbres et touristiques, météo peu clémente, bienvenue à Londres ! On n’a aucun mal à imaginer les scènes de cohue massée dans l’humidité londonnienne décrites par Daniel Cole. Et avec son flegme inébranlable, l’inspecteur Wolf fait honneur à ses congénères, peut-être un peu trop à mon goût. Un peu plus de nerf, et tension n’auraient pas été de trop. C’est le seul bémol à cette enquête dont la progression rapide n’empêche pas les victimes de s’accumuler. Le tueur semble avoir toujours un coup d’avance et prendre plaisir à narguer les enquêteurs. On se prend au jeu de le démasquer, de cerner son identité, et de comprendre le lien entre toutes ces victimes.

La quantité de cadavres est tout à fait satisfaisante et Daniel Cole fait preuve de beaucoup d’imagination pour faire mourir ses personnages. Il y en a pour tous les goûts en matière de mort violente, c’est en quelques sortes le nuancier des différentes manières de décéder. En bref, je suis emballée par ma lecture et suis curieuse de voir ce que cela pourrait donner une fois porté à l’écran.